Moctar Niambélé, affectueusement appelé Chani, une déformation du nom de l’ancien président nigérian, Sani Abacha, est un inconditionnel du Club olympique de Bamako (COB) et des Aigles du Mali. Unique dans son genre, le virevoltant supporteur nous a dévoilé son parcours dans une interview qu’il nous a accordée. Aussi, il a expliqué le sens de son inséparable sachet de crème (dèguè en langue bambana) qu’il tient dans les gradins.

Planeteportsmali.com : Comment Chani est-il venu dans l’arène des supporteurs ?

Moctar Niambélé: Je suis devenu supporteur du COB et des Aigles grâce à certains anciens joueurs du COB, qui sont devenus des footballeurs professionnels maintenant. Il s’agit  notamment d’Alfousseini Keïta, d’Abdou Traoré et d’Assafa [Ndrl : El Hadj Mahamane Traoré]. Chaque jour, on causait devant la famille des frères jumeaux Keïta. Ces derniers jouaient à l’époque au COB. Le soir, ils m’emmenaient au terrain avec eux, pour suivre les entraînements et les matchs. Mais ces jeunes joueurs du COB aimaient la crème «dèguè». Par la suite, j’ai pris goût au ballon rond et chaque jour, j’achetais du « dèguè »  pour eux. C’est ainsi que je suis devenu un supporteur du Club Olympique de Bamako.

On vous reconnait à travers votre sachet de crème dans les gradins. Quelle explication donnez-vous à cela ?

Un grand nombre des joueurs du COB habitaient dans les quartiers de Bolibana et Dravéla. Dans ces quartiers, on prépare fréquemment ce crème, surtout à Dravéla. C’est vrai que chaque joueur avait quelque chose à déguster, moi mes joueurs aimaient le « dèguè ». C’est la raison pour laquelle j’apportais ça pour eux, à chaque fois que je me rends au stade. Voilà la raison qui me pousse d’apporter du « dèguè » au stade à chaque fois que je viens supporter le COB. Mon « dèguè », je l’achète avec une dame qui s’appelle Sanata. Maintenant, tellement que j’en ai acheté avec elle, à chaque match elle me fait beaucoup de cadeau pour que je serve plusieurs personnes en même temps. Sinon, il n’y a rien d’extraordinaire dans ça, cela n’a rien de mystérieux.

Vous êtes l’unique supporteur très engagé du COB. Est-ce que vous obtenez des faveurs de la part du Club ?

J’ai reçu beaucoup d’aides dans mon travail de supporteur. Ce n’est pas le COB seulement. Je me suis marié à travers ça, j’ai eu des enfants et du travail aussi à travers le football. Donc, je remercie Dieu pour cela. En ce qui concerne mon équipe (le COB), vraiment les mots me manquent pour remercier les responsables de ce club. Le COB m’habille, me donne de l’argent, m’offre des primes de match autant que les joueurs. Mieux, mon nom est inscrit sur mon enveloppe après chaque match. Bref, je suis payé comme un joueur du COB. Chaque année on me fait des cadeaux, et à l’approche des fêtes aussi. Je suis toujours fair-play ! Pour moi le football est une passion, un plaisir.

Pouvez-vous nous parler de votre participation à quelques grands tournois en dehors du Mali ?

En dehors du Mali, je peux vous citer autant d’exemples. J’ai participé à plusieurs Coupe d’Afrique des nations de football, notamment en  2008 au Ghana, 2010 en Angola, 2012 au Gabon en Guinée Equatoriale, 2017 au Gabon. Mais aussi j’ai été dans plusieurs pays de la sous-région dans le cadre des éliminatoires de la CAN et des compétions africaines des clubs de la CAF: en Guinée Conakry, au Togo, au Bénin, au Nigeria et en Algérie.

La difficulté dans ce travail, à mon avis, est que beaucoup de supporteurs n’ont pas compris certaines choses. On doit supporter une équipe parce qu’on aime le football et cette équipe. C’est la seule façon de pouvoir dans son cadre.

Mon mauvais souvenir a été enregistré au Togo, lors des éliminatoires de la CAN 2008. On nous a brutalisés à la fin du match qui s’était par le score de 2 buts à 0 en faveur du Mali. Beaucoup d’entre nous ont été gravement blessés. Certains ont mêmes été évacués  par vol sur Bamako. Au Bénin et en Sierra Léone, nous avons aussi eu beaucoup de problèmes.

Quel appel avez-vous à l’endroit des supporteurs du Mali ?

L’appel que je lance envers les supporteurs maliens est qu’on se donne la main. C’est bon de supporter les équipes, mais il est mieux de connaître les lois du football. Nous devons impérativement connaître le règlement. Cela nous permettra de ne pas insulter les arbitres, les joueurs et les journalistes. Quand tu aimes le football, tu n’insulte jamais quelqu’un. Je remercie vous les journalistes, mais aussi je voulais dire que toute vérité qui amène de la haine ne mérite pas d’être dite. Que Dieu bénisse le football malien !

Propos recueillis par Yacouba TANGARA

 

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